Un document d’archives révèle le don de 500 000 francs consenti par Serigne Touba en 1927 à la France, une découverte présentée au Khalife général des Mourides à Diourbel.
Cent ans après la contribution volontaire lancée par la France pour soutenir le franc, un document d’archives met en lumière un fait historique peu connu : le don de 500 000 francs consenti par Serigne Touba en 1927. Une découverte présentée au Khalife général des Mourides à Diourbel et qui relance le débat sur la place de l’œuvre du fondateur du mouridisme dans les programmes scolaires.
La découverte d’un document d’archives attestant d’une contribution volontaire de 500 000 francs versée à la France en 1927 par Serigne Touba met en lumière un pan méconnu de l’histoire. Son auteur, l’archiviste à la retraite Atoumane Ndiaye, estime que cet acte traduit non seulement la générosité du fondateur du mouridisme, mais aussi son sens élevé des responsabilités dans un contexte historique particulier.
« Alors qu’il était en résidence surveillée à Diourbel, Serigne Touba avait toutes les raisons de ne pas répondre à cette levée de fonds. Pourtant, en raison de son sens de la responsabilité, de sa foi en Dieu et de son détachement des biens matériels, il a contribué à hauteur de 500 000 francs, là où de grandes sociétés françaises n’ont pas dépassé 250 000 francs », souligne Serigne Chérif Mbacké Fallou, président du comité de pilotage du Musée islamique Al Khadimi.
Pour Atoumane Ndiaye, cette contribution mérite d’être mieux connue des jeunes générations. Il rappelle que le 31 mars 1926, le président français avait sollicité le vote d’une loi instituant une contribution volontaire destinée à soutenir le franc. Cinquante-deux listes de souscripteurs furent ensuite publiées pour les huit territoires de l’Afrique occidentale française.
« Parmi ces 52 listes, Serigne Touba est arrivé en tête avec une contribution de 500 000 francs. C’est un exemple de patriotisme et de responsabilité qu’il faut transmettre aux générations futures et faire connaître au monde entier, d’autant plus qu’il était alors en résidence surveillée à Diourbel », insiste l’archiviste.
A travers cette découverte, Atoumane Ndiaye plaide pour l’introduction de la vie et de l’œuvre de Serigne Touba dans les curricula scolaires afin de mieux faire connaître son héritage spirituel, social et intellectuel.
Cent ans après cet acte, le document historique a été officiellement présenté au Khalife général des Mourides à Diourbel, marquant une nouvelle étape dans la valorisation de cette découverte archivistique.
