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Le cheikh face aux autorités coloniales :

samedi 1er novembre 2014, par Administrateur

Lorsque les prémices de sa réussite commençaient à se faire sentir, les autorités coloniales se sont mis à redouter ses activités et l’ont accusé de détention d’armes et de mobilisation pour déclencher la guerre contre elles. Ainsi, ses maisons ont été perquisitionnées de nombreuses fois sans trouver la moindre preuve. Malgré tout, les autorités coloniales ont décidé sa déportation. Il a été exilé au Gabon (1895 - 1902) et a subi toute sorte de pression et de torture dès la première nuit qu’il passa sur le chemin de l’exil.

Quand je me souviens de cette nuit- là,
de ce chef et de cette assignation,
je pense à prendre les armes
mais le Prophète prend ma défense

Tous ces agissements ne pouvaient fléchir sa détermination. Au contraire, il leur a montré sa position dès le début dans un poème qu’il a composé dans le bateau qui le transportait vers l’exil et qui reflète la force de sa foi et de sa confiance à l’assistance de Dieu, de même qu’il dévoile ses armes dans cette guerre dans laquelle il s’engageait et dont il sortira triomphant. Ces armes qui n’étaient autres qu’une foi sincère, une totale conformité à la Sunna du Prophète- Paix et Salut sur lui- et un tasawwuf pur.
O gens qui, par égarement, croient à la trinité
de Celui qui n’a ni enfant ni père !
Vous m’avez déporté en disant que je suis
un adorateur de Dieu et que je mène le jihâd.
Vous avez raison : je suis Son adorateur
et le serviteur du Prophète, l’illustre.
Et votre affirmation que je mène le jihâd est exacte :
je mène le jihâd pour l’amour de Dieu le Très Haut.
Je mène le jihâd par les sciences et par la piété
en étant adorateur et serviteur, et Dieu le Prédominant est témoin
Mon sabre (...) c’est son tawhîd,
Mes lance-roquettes (...) le Coran,
Quant à mes flèches, ce sont les hadîth...
Quant à mon espion, c’est un tasawwuf pur...
Si les ennemies ont des armes pour lesquelles ils sont redoutés,
les voici mes armes ; et je mène le jihâd.

Fort de cette confiance, il voyait la Grâce de Dieu dans ces épreuves. Il a mis son temps libre à profit en composant des poèmes et en écrivant des lettres et des recommandations pour ses adeptes. De même qu’il a profité de toutes les occasions pour appeler à l’Islam les habitants des lieux où il a été exilé. Un grand nombre d’entre eux ont ainsi embrassé l’Islam grâce à lui. Et son appel n’était pas exclusivement destiné aux autochtones, il l’adressait aussi à ses geôliers. Ecoutons-le s’adressant à ceux-ci :
O juifs et chrétiens !
Soyez alliés du Meilleur des messagers.
Repentez-vous à Dieu et cherchez la Guidance
auprès de Lui en suivant Ahmad [le Prophète].
La Thora et l’Evangile vous ont été destinés,
et Dieu vous a accordé à travers eux honneur et privilège.
Vous ne serez sur le Droit chemin si vous n’appliquez pas
la recommandation de Dieu qui favorise qui Il veut,
Si vous n’appliquez pas ce que Moise,
Jésus et Mouhammad l’Elu vous ont apporté de Lui .
Repentez-vous tous et précipitez-vous vers le Droit chemin,
car nous n’avons qu’à suivre Ahmad.

Constatant, après sept ans d’exil, que rien n’a changé de son attitude et de son influence, les autorités coloniales ont décidé de tenter d’autres solutions en le ramenant au Sénégal. Quelques mois plus tard, il a été exilé de nouveau en Mauritanie avec la conviction que le complexe d’infériorité vis-à-vis des maures, réputés pour leurs érudits et leurs hommes pieux, ne manquera de faire son effet. Mais leur surprise a été énorme lorsqu’elles se sont rendu compte du respect et de l’estime que les ouléma de ce pays manifestaient à son égard, eux qui étaient jadis les maîtres de ses ancêtres .

Constatant l’échec, encore une fois, les autorités coloniales ont décidé en 1907 de son retour au Sénégal où il a été assigné en résidence à Thiéyène dans le Djolof (1907-1912) puis à Diourbel dans le Baol (1912-1927).

L’étape de Diourbel peut être considérée comme la plus prospère et la plus fructueuse de sa réforme. Sa stabilité relative lui a permis la supervision directe du mouvement. C’est ainsi qu’il a construit une mosquée où il dirigeait les cinq prières quotidiennes et a planifié des horaires pour ses différentes tâches :
- des moments où il rencontrait les fidèles pour régler leurs problèmes et pour répondre à leurs interrogations ;
- des moments de causeries réservés aux hommes et d’autres aux femmes ;
-  des moments pour rencontrer les hôtes et les délégations.

La situation est restée ainsi jusqu’à son rappel à Dieu en juillet 1927, et il a été inhumé à Touba suivant sa volonté.

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