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Mbackiou Faye, Son nom est à jamais associé à la grande mosquée de Massikul Jinaan, inaugurée, ce vendredi 27 septembre 2019. On ne peut pas emprunter les "Itinéraires du paradis" sans parler de lui. Mais Mbackiyou Faye lui-même pourrait se targuer d’avoir un parcours à multiples itinéraires.

lundi 30 septembre 2019, par Administrateur

Omniprésent. Jusque dans la réconciliation entre le président Macky Sall et son prédécesseur, Abdoulaye Wade, Mbackiou Faye est monté aux premiers rangs. Impliqué, il s’est rendu quasi décisif dans la poignée de mains en insistant auprès des deux et des autres médiateurs à leurs côtés. Entre les religieux Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, Serigne Pape Malick Sy et Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, et les deux derniers présidents de la République du Sénégal, sa présence aurait pu lui donner des airs d’un intrus. C’est ignorer les multiples casquettes de l’homme à la barbichette blanche bien taillée et à l’allure d’un ancien pivot au basket.

Diplomatie religieuse


Homme d’affaires au grand flair, le milliardaire Mbackiyou Faye fait partie de ces hommes qui inspirent confiance aux khalifes. De Serigne Bara Mbacké à Serigne Mountakha Mbacké, tous les khalifes généraux qui se sont succédés sur le khalifat ont porté leur choix sur lui afin qu’il se charge du contrôle des travaux de ce lieu de culte. Un rôle qu’il a joué pleinement. Sans bomber le torse. « Si la réalisation de ce projet est possible, c’est grâce aux Khalifes généraux qui ont été les premiers à y croire. On n’a pas cherché des partenaires pour la construction de l’édifice. Ce sont les guides religieux et les talibés mourides qui l’ont construit. On avait plus de 1500 caisses dans les marchés et autres lieux de convergences. Ce sont ces montants collectés, avec l’appui du Khalife général qu’on a réalisé les travaux. Je ne suis qu’un simple talibé qui a suivi les recommandations qu’on lui donnait », explique, fièrement, Mbackiou Faye, finalement porté au rang de "Jëwriñ", représentant à Dakar du Khalife général des Mourides. Diplomatie religieuse, autre casquette.

Gestion financière


Quand des voix ont commencé à s’élever sur sa gestion d’un chantier qui aura couté au final autour de 20 milliards F CFA, il s’est empressé de souligner que l’édification de cette mosquée s’est faite dans les règles de la transparence. « Toutes les dépenses qui ont été injectées dans les travaux peuvent être justifiées, centime par centime. A chaque fois qu’il fallait faire un décompte, je saisissais le Khalife général. Il me remettait un chèque qui était signé par lui-même ainsi que deux autres personnes. Pour décaisser de l’argent dans le compte bancaire, il fallait trois signatures. On n’a jamais payé les ouvriers en espèce à part les quelques rares fois où je déboursais mon argent pour régler quelques dépenses. On payait toujours par chèque. On a les preuves de toutes les entrées et sorties d’argent », rassure-t-il, avec force détails.

Flair de politicien, maire et bon samaritain

Mais les contestations et autres avis défavorables, Mbakiou Faye sait faire avec. Sans doute, un trait de caractère qui s’est forgé dans son parcours de businessman déjà célèbre dans les années 90, quand il se lance dans "Charbons du Sénégal", une entreprise faisant de lui un des hommes à connaitre dans le populeux quartier de Niarry Tally, qu’il partage avec la famille d’un certain Abdoulaye Wade. C’est ici que naquit, en 1952, d’une famille modeste et travailleur, le bras droit du Khalife général des Mourides, qui a fini par devenir maire de la Commune à force d’y jouer les bienfaiteurs. Mais, auparavant, il s’était déjà lié d’amitié avec l’ancien président Abdou Diouf, qui faisait de lui un chargé de missions au Moyen Orient.

S’il était déjà connu dans le monde des affaires, c’est finalement après l’alternance de 2000 que Mbackiou Faye, 67 ans, voit davantage les lumières fixées sur lui. Par la magie de la politique. Proche de Me Abdoulaye Wade, alors tout-puissant président de la République, il devient rapidement un de ses hommes de confiance, ce qui lui ouvre des opportunités et lui facilite la possibilité de diversifier ses affaires.

Magnat de l’immobilier

Il se distingue d’abord dans l’immobilier et devient, rapidement, un des plus grands promoteurs immobiliers du Sénégal, au point d’avoir un quartier à son nom, dans la capitale, la cité Mbakiou Faye à Ouakam, qui lui valut des empoignades mémorables avec la communauté léboue, l’accusant d’avoir spolié ses terres. En 2016, sous la houlette du tonitruant Jaraaf Youssou Ndoye, plusieurs jeunes s’étaient regroupés au sein d’un collectif pour, disent-ils, « récupérer toutes leurs terres notamment celles détenues par le représentant du khalife général des Mourides à Dakar ». Mais, en guise de riposte, Mbackiou Faye soutenait toujours qu’il détient des titres fonciers en bonne et due forme délivrés par l’Etat. Après des années de conciliabules, de médiation, de polémiques à travers les médias et d’interventions musclées des forces de l’ordre, l’affaire finit dans les tiroirs de l’oubli.

Médias, Comm’ et Télécoms

Après avoir marqué ses empreintes dans le secteur immobilier, "Jëwriñ Mbackiou", comme l’appellent les talibés mourides, continue de chercher des niches pour fructifier ses affaires. Ainsi, il s’est lancé dans le monde de la communication, en injectant plus de 400 millions de francs CFA dans le capital de la chaine spécialisée, Touba Tv, pour en devenir l’actionnaire majoritaire. A côté, il semble prendre goût au statut de patron de presse et lance un quotidien "24 heures". Puis, de la comm’ aux télécoms, il n’y a qu’un pas qu’il sauta allègrement. En effet, Mbackiou Faye décide d’étendre encore son champ d’intervention en investissant dans la télécommunication avec l’acquisition d’un réseau MVNO au même titre que deux autres hommes d’affaires et de médais, Youssou Ndour et El Hadji Ndiaye. Des trois, Mbackiou Faye est celui qui met le premier la main dans le cambouis, en lançant « Pro-mobile », qui devient, du coup, le premier MVNO de l’Afrique de l’Ouest après quelques mois d’essai en fournisseur d’accès à Internet (FAI).


Médias, immobilier, télécommunications, politique, Mbackiou Faye est du genre à ne se fixer aucune limite. Sa dernière casquette, celle de dignitaire religieux, lui a ouvert plus que les portes de Massalikoul Djinane dont il a eu en charge la conduite du projet et l’exécution des directives de l’autorité à Touba. « Notre communauté est une communauté très forte. Elle regorge d’intellectuels, d’entrepreneurs. Des hommes qui ont l’idéal de Cheikh Ahmadou Bamba : le travail et la dévotion. C’est-à-dire le don de soi en Dieu. C’est la seule façon de développer notre pays », sourit-il. La charge très prenante, de représentant, à Dakar, du Khalife général des Mourides finit par l’obliger à se mettre hors du champ de l’engagement politiquer. « Je ne pourrais pas m’épancher sur la vie politique de la Nation parce que je ne suis plus un acteur, même si j’ai des opinions, des visions et je sais ce qui se passe. Ma position actuelle ne me permet plus d’avoir une idée à moi parce que tout ce que je dirai pourrait être non seulement travesti, mais analysé pour en faire une position de celui que je représente ici à Dakar. La voix du premier des mourides à Dakar », répondait-il aux journalistes qui l’interrogeait sur les dernières élections présidentielles. Cela ne l’aura pas empêché, pour les besoins des derniers préparatifs de l’inauguration de Massalikoul Djinane, de recevoir, un à un, et non sans fierté, la plupart des leaders de l’espace politique, gratifiant chacun d’un témoignage élogieux, les raccompagnant tous avec le même sourire.

Mouride, au début et à la fin


Déjà, tout petit, il était très distingué dans les dahira du quartier. Jeune très dynamique, il faisait partie des dirigeants du dahira de Grand Dakar, son lieu de naissance. « Ses relations avec la famille de Serigne Touba ne nous ont pas surpris. Mbackiou, bien qu’étant né mouride, a très tôt pris la responsabilité de travailler pour Cheikh Ahmadou Bamba. L’adolescent Mbackiou Faye avait déjà commencé à donner une « adiya » d’envergure. Il donnait tout ce qu’il possédait, chantent des témoins de l’ancienne époque. « Lors des "thiants", il lui arrivait de tout donner jusqu’à ses habits et ses chaussures aux chanteurs religieux », témoigne sa sœur Maguette Faye, trouvée à Grand Dakar.

Fervent talibé, Mbackiou Faye a été du début à la fin de la réalisation de ce joyau gigantesque. Les travaux de ce chef d’œuvre, il les a conduits de bout en bout. Avec tact et abnégation. Sans résignation. « El Hadji Mbackiyou Faye, un homme généreux et courageux a tout affronté depuis l’histoire du premier site pour la réalisation de la grande mosquée Massalikul Jinaan. Son histoire restera toujours gravée dans l’histoire islamique », lit-on sur l’une des affiches exposées à l’esplanade de la grande mosquée Massalikul Jinaan. Une affiche, aux allures de consécration, qui en dit longtemps sur le rôle qu’il a joué à la concrétisation de gigantesque ce projet.

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